Anthologie 2021-2022




La mort croit pouvoir t’arrêter

mais elle a tort.

Schebna B. Vilnor BAZILE



Preface – Christ-Mao David PIERRE


Ode à ma ville – Steevy FRANCISQUE

Marre du gris d’urne – Fabrice TRÉCILE

L’Invitation au voyage – Stanley BRIFIL

Priyè lanjelis – Marcus GEORGES

Geordanny Oscar Néem Ralph FLEURILUS

Yon kou nan kè – Myrline JOSEPH

Peut-être – Rénaldy Markly CHARLES DESRAVINES

Poésie éternelle – Sylvester Jimmitry MARIUS

La peau de la mort – Alandy BLAISE

Braguette, Baguette – Marie-Wadlène ETIENNE

Gouye cheri – Louidel WASAMBECK

Le ciel est une mer bleue qui dégoute – Isaac Braham MISÈRE

Absans – Ruthza PAUL

Enèji nanm – Liams-Mitchelcove SURSAINT

Je n’ai jamais pu t’aimer – Tchaïkovskina MÉRILUS

Un flâneur à Port-au-Prince – Kims Kesnel BELJEAN

Souris Madame – Florestal le Moine

POÈME POUR L’EXIL – Rood-Inley MICHEL

Lavi < Lanmò – Donley MÉNARD

Kokorat – Christian Laurent SIMILIEN

Lettre au défunt – Sandlyne NARCISSE

La grandeur de ma Race – Mickha Mackaël SÉVÈRE

Peyi de moun ize – Rosecadelle BENJAMIN

Dlo je ki sot nan kè

••• de Christ Mao David PIERRE ••

Dlo je n se pou sa ki konte tout bon. Pou lanmou, lapèn, lajwa, dèy, pasyon, retwouvay, separasyon ; depi emosyon yo anpil, depi n plen, se je n ki debòde.
Pleurer dit que l’on est vivant. Partager ses larmes, cependant, c’est une toute autre dimension. C’est se laisser être. Peu importe la raison derrière la digue, il faut bien un déclic jusque dans les entrailles pour s’épancher. Cette réalité est la même pour nous tous. Nos larmes sont de la même couleur. L’humain en nous oblige.
Ce recueil de textes en est un bien beau témoignage.
Prix Poésie Jean-Élie François fèt san yon tèm fiks. E poutan tout emosyon ki ofri yo pote menm sansibilite a. Yon inisyativ pou pote rekonfò a fanmi epi zanmi Jean-Élie ki fini pa reyini tout fòm emosyon fò ki sot dwa nan kè. Yon omaj merite pou yon moun ki te toujou konn ap pwomennen ak kè l nan men l.
Force et courage à la famille François. Compliments aux sélectionnés du jury. Chapeau aux juges et bonne lecture aux consommateurs de cet ouvrage combien extraordinaire.

“Nos larmes ont la même couleur”

••• de Schebna BAZILE ••

La première édition est à son terme. Le jury a dit son dernier mot et tous les textes sélectionnés ont été assemblés sous un même titre. “Nos larmes ont la même couleur”.
Le concours a été lancé sans thème fixe mais tous les textes proposés ont fait montre des mêmes sentiments d’humanité autour de sujets pourtant divergents. Le patriotisme, le deuil, l’amour, tous des poèmes parlant d’humanité, de sensibilité.

“Nos larmes ont la même couleur” pour dire que l’autre est miroir, que nous sommes tous rattachés quelque part et que la poésie est ce langage qui arrive à exposer ces similitudes.

Face à Ely

••• de Jenny-Flore LOUIS ••

J’ai rencontré Jean-Élie en 2012. À l’époque, j’étais au secondaire à Cluny, et Ely (comme je l’appelais) avait intégré le cercle littéraire de l’école. C’était un petit groupe où on s’échangeait les idées sur des livres, on débattait autour de la littérature et discutait sur des sujets sociaux et culturels. Ely ne ratait jamais une séance. Il avait ce zèle, ce sens des responsabilités et une telle humilité qui faisait de lui, parmi tous les ados du groupe, l’un des principaux piliers du cercle. Si bien que je savais qu’un jour ou l’autre, il en prendrait les rennes. Lui qui s’était imposé sans faire de bruit, sans même qu’on ne s’en rende compte. Depuis, aucune décision n’était prise sans son aval; parfois, il était même celui qui les prenait… Ely était de ceux qui marquaient leurs passages au fer rouge mais rien qu’avec les actes qui comptent vraiment.

Peu de temps après, lors d’une foire à l’UCNH, Ely avait eu à présenter “les dix hommes noirs” et “les animaux malades de la peste” – une fable qu’il aimait tellement! Après sa présentation, il a réuni Carlynx Elbeau, Ricardo Jean et moi, et nous a proposé de monter une structure qui aurait à produire des textes pour la scène et qu’avec d’autres adhérents, nous pourrions jouer également. Nous étions tous emballés par l’idée. Nous nous sommes concertés longtemps pour trouver un nom à cette structure avant de tomber d’accord sur un mot valise: “Haïtinéraire” (Haïti-Itinéraire).

Le temps passait, le projet prenait forme, nous n’avions que la rédaction de scénarios en perspective. Ce n’est qu’en 2014, quand il a fallu revoir les bornes du Cercle Littéraire de Cluny, que nous avions commencé à agrandir la portée de Haitinéraire. Nous étions toujours dans les aires de la littérature, de la production, et de la socialisation, alors Haïtinéraire est aisément devenu cercle littéraire en plus de sa mission première relative à la scène.

En 2015, suivant le déclin du créole haïtien et dans un souci de redynamisation, Ely proposa qu’Haïtinéraire lance une campagne de sensibilisation autour de la langue créole. C’est ainsi que nous avions lancé le “Festival Lang Kreyòl (FLK)” qu’il a lui-même coordonné en 2018 et en 2019 aux côtés de la Bibliothèque Anténor Firmin (BAF).
C’est cette image que je garderai de lui. Un homme, avec tout ce qu’il y a de plus imposant, mais qui pourtant n’a jamais créé d’ombre. Un homme de qui j’ai su dès le premier jour qu’il était un compagnon fiable.


Design a site like this with WordPress.com
Get started